22.04.2008

Mon ptit Nez m'a dit...

J'ai passé une bonne partie de la journée à observer mon beau corps d'athlète sous tous les angles dans le reflet de la lampe au plafond de ma chambre de clinique et l'autre moitié du jour a consisté à écouter le doux chant des voitures par la fenêtre et à regarder le ciel passer du bleu clair au bleu nuit avant de finalement opter pour une teinte violacée. Excitant non?

Alors une visite est toujours la bienvenue, ça vaut pour le pape comme pour toi cher Sami.

-Tu éxagères, je bave quand même moins que lui...

-On voit que tu n'as jamais dormi à côté de toi..."

-Raconte moi donc les péripéties de ta journée au lieu de raconter des bêtises.

-Et bien pour te répondre dans une logique des plus irréprochables on va essayer de façon chronologique:

J'ai d'abord eu droit à la dame de l'accueil, la pauvre se trouvait drôle, c'était pathétique à en pleurer mais j'ai préféré la jouer discret, j'aurais pu être amené à la recroiser au cours du séjour... Elle m'a finalement envoyé au deuxième étage, là où se trouvent les chambres (on se serait cru à l"hôtel avec réceptionniste et tout le patacaisse). A l'étage donc, le couloir, au milieu duquel se trouve le bureau des infirmières. C'est là que ça comence à devenir drôle. Deux vieilles fausses blonde, le genre à se faire blanchir les dents et à passer aux UV une fois par semaines endossant la tenue d'infirmère (diplômées d'état s'il vous plait). Elles finissent par sortir mon dossier aprm'avoir sorti leur plus beau sourire Colgate et là:

Blondie : Et vous avez fait des radios ?

Moi : Non aucune

Blondette : Non y a marqué aucune radio sur son dossier.

(Un temps)

Blondette : Et sinon vous avez fait des radios ?

Moi : Euh... non... toujours pas.

Blondie : Ben non, il vient juste de dire qu'il n'en avait pas fait !

Qui se ressemble s'assemble ? L'habit fait parfois le moine ?

Finalement, on m'amène à ma chambre dont le design, le choix et la disposition du mobilier sont comment dire... inexistants lorsqu'ils ne sont pas d'un mauvais goût absolu. (Je pense d'ailleurs que ce genre de couvre lits sont conçus tout spécialement pour les organismes hospitaliers... ou alors personne d'autre n'en veut.)

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-Parlons de la nourriture qui, contrairement à mes craintes fut tout à fait honorable et chaude de surcroit ! Ce qui n'est pas si mal dans un hopital.

-Le portable, caché dans une paire de chaussettes (réflexe dyonisien que voulez-vous, on n'échappe pas si facilement à ses racines...)

-Dois-je mentionner le test d'urine ? (qui je le précise fut passé et réussi avec succès !)

-Enfin, j'ai fait connaissance avec l'équipe des infirmières de nuit. Carrément plus cool la vieille infirmière genre buraliste, un peu bourrue mais avec de l'humour. Dès qu'elle entre dans la pièce elle me prend la tension et me file le thermomètre (choses qui d'après elle auraient dues être faites dès mon arrivée). Elle m'explique ce que vont être les prochains jours, la procédure ainsi que le nombre de stupéfiants auxquels j'aurai droit d'ici ma sortie. Au passage elle se fout de ma gueule lorsque je fais le lapsus Béthadine/Thérébantine (le premier servant à stériliser le corps avant l'opération, l'autre ben... c'est de l'essence... cherchez l'erreur) J'y peux rien si on m'a parlé à plusieurs reprises de Thérébantine dans la journée... et non, je n'étais pas encore sous anesthésie à ce moment là.

Que dire du silence qui règne ici ? Même si je passe le temps en lisant Schnitzler (un de ses bouquins est dans mon programme), il est difficile de ne pas remarquer à quelle point cette chambre me rappelle singulièrement celle où je vais lorsque je rends visite à mon arrière grand-mère, en maison de retraite...Et ça, ça craint.

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Passons le black out post opératoire, la dite opération et la rencontre avec le brancardier rasta pour parler de ce que j'appellerai le calvaire de "l'après"

Tout d'abord, l'impression de planer dans d'immenses champs de coton ouattés... Quoiqu'à la réflexion, je vais peut être le passer ça aussi.    Disons qu'une fois l'effet des drogues licites dissipé ont commencé ce que j'ai baptisé "les jours du nez" qui seront un jour amenés à faire l'objet d'un deuil national. Telle une muselière de compresses et de sparadra, le pansement enveloppant mon nez, lequel nez emballé comme un cadeau de Noël avait vous vous en doutez, doublé de volume (ce qui au passage est toujours vrai). Ainsi que la perfusion dans le bras comme complément alimentaire et pour compenser les trop importantes pertes de sang "éventuelles"

Le fait est que j'allais comprendre quel allait être mon malheur à la nuit tombée... Bonjour les nuits de 3h, l'impression d'avoir une enclume dans la tête, le saignement permanent du nez, les changements de bandages dont les collages, décollages, recollages et redécollages réguliers se sont attaqués à mes pomettes, lesquelles à vif, ce sont mises à peler sans oublier les délires pseudo-lyriques pour accueillir les premières lueurs de l'aube comme autant d'incarnations des grâces divines. (C'est long une nuit à attendre que le soleil se lève sans pouvoir trouver le sommeil) Mes yeux, tels deux oeufs de flettan séchés criaient eux aussi grâce à cause des 3h de sommeil en deux nuits et c'est sans doute leur plainte qui attira la bienveillante nymphe en blouse blanche qu'était devenue pour moi l'infirmière de nuit. Ainsi donc, cette douce libératrice me donna un met délicat au fumet d'ambroisie: les cachets de di-antalvique, lesquels m'accordèrent...1h30 de sommeil paisible avant... qu'on me réveille pour le ptit déj. C'est là que ça devient fun. Le di-antalvique, tout le monde ne peut pas se permettre d'en prendre, encore moins deux cachets d'un coup, encore moins une crevette de ma corpulence. Ainsi disais-je, aussitot penché sur le ptit déj, je suis allé me pencher sur la cuvette des toilettes.

Après ça... redodo, puis enlevage de bandages, mèches, perfusion, puis enfin, une douche normale (la première depuis que j'étais arrivée puisque la première s'était faite intégralement à la Béthadine [c'est jaune comme du curry la béthadine], la deuxième avec la perfusion ressemblait à du contorsionnisme). Enfin, quand je dis douche normale, ça exclut l'intervention de l'infirmière: " Vous voulez bien ouvrir la porte, je voudrais pas que vous fassiez un malaise dans la douche."Je crois que c'est à ce moment que ce qu'il restait de ma dignité est mort (si si, je vous jure qu'il m'en restait, même dans la tenue d'hopital sous laquelle Adam lui-même ne m'envierait aucun vêtement).

Après ça, j'ai pris mes jambes flageolantes à mon cou et j'ai mis les voiles, je suis rentré, je me suis affalé sur MON litjusqu'au lendemain (environ 5h du matin, après avoir été réveillé par les douleurs de mon appendice nasal). A partir de ce moment débuta la thérapie au doliprane 1000, avec un cachet toutes les 6h pour rester en permanence sous drogue.

C'était sans compter sur le syndrome du nez post opératoire qui se prend maintenant pour une femme fontaine (après s'être pris pendant deux jours pour une femme ayant ses flux menstruels). Le glamour décéda en ce jour glorieux emportant dans son flot de mucus sanguinolant mes derniers espoirs de récupérer un jour une vie sociale... Au pire je peux toujours voir si ce qui sort de mon nez peut servir de bio carburant... auquel cas je finirai seul mais riche à millions.  (Ceci était la phrase optimiste du jour !)


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Avis aux lecteurs qui auraient eu le courage, la patience et l'intérêt de lire jusqu'ici: Je ne hais pas les hopitaux et ceci n'était pas une critique réelle ayant pour but de les fustiger, ce n'est que l'expression lentement macérée de plus de 72h d'isolement avec pour seuls compagnons les gémissements de mes deux narines. (et non, cela ne veut pas dire que j'ai posté uniquement pour me plaindre mais également pour avoir un témoignage écrit de ces précieuses heure, qu'ainsi je me souvienne à jamais de ce qu'elles ont été)

Commentaires

L'une des deux infirmières s'appelait pas Ashley par hasard? :mrgreen:
Rétablis toi bien en tout cas ;)

Ecrit par : Gandalf | 22.04.2008

moi j'ai tout lu mon pouley !

se fut long ! mais trés instructif !!

Mon pauvre pouley ! je suis a fond avec toi !!!

soigne toi bien mon tit pouley !

Ecrit par : jerome | 23.04.2008

On dirait du lovecraft :P A quand la transformation en profond ? ^^

Prend soin de toi en tout cas ^^

Ecrit par : Norbz | 23.04.2008

.... c'est horrible, moi j'ai vécu ça il y a 2ans pour mes oreilles...
Ah oui, j'ai lu ton récit.

Ecrit par : greg | 28.04.2008

Mais qu'est-ce qui lui est arrivé, à ton nez ? On t'a cassé la figure pour te voler une sucette ? Ou bien tu t'es pris une porte ? Ou bien c'est un amant jaloux et aigri ? Ou bien tu as fait de la chirurgie esthétique, et ça s'est mal passé ? C'est bien beau de décrire les effets, mais il faut aussi décrire les causes ! Et dire que tu es en Lettres... tsss...

Ecrit par : Anonymus | 09.05.2008

mouarf, et bien mon cher Ano, il s'agit en fait d'une opération prévue de longue date n'ayant d'autre but que de remettre en ordre ma tuyauterie nasale qui depuis de longues années me cause soucis sur soucis ^^

Ecrit par : Samikenz | 27.05.2008

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